Nathalie Dennes

Nathalie Dennes est issue de la promotion 2009 et est aujourd’hui assistante de production chez mk2.

Pourriez-vous nous indiquer votre parcours avant le MS Médias ?

Khâgne BL puis Sciences Po Bordeaux suivi de quelques expériences dans le webmarketing chez AOL puis Orange. C’était en 2007 : Facebook prenait son essor, tout le monde ne jurait plus que par internet et la manière dont les nouvelles technologies allaient révolutionner les modes de promotion et de diffusion, mais aussi l’écriture et la conception des contenus audiovisuels…

J’y ai d’abord cru avec une certaine naïveté,  puis j’ai eu assez rapidement le sentiment qu’on pouvait sauter sur sa chaise comme un cabri en disant le 2.0 ! le 2.0 ! le  2.0 !… au final, cela ne bouleversait pas le processus créatif. En tous cas les formats courts qu’on a vu se développer de manière exponentielle sur la toile m’intéressaient moins. Il n’y avait rien de tel pour moi que l’espace et le temps du cinéma, le geste d’un auteur, pour produire du sens et du « Beau ».

Pourquoi avez-vous choisi cette formation ? Comment est né votre attrait pour le cinéma et pour la production ?

J’ai découvert le cinéma assez tardivement, quand j’étais à Sciences Po. Il y avait à l’époque à Bordeaux un cinéma art et essai qui s’appelait le Jean Vigo. C’est là-bas que j’ai découvert les films d’Eric Rohmer. « Georges Beauregard présente », le tracé du losange bleu turquoise sur fond noir, la séquence d’ouverture de La Collectionneuse, dans laquelle Haydée Politoff marche nonchalamment sur la plage, la pulsion érotique suggérée par la caméra… C’est là aussi que j’ai découvert Salo. Ce sont une ambiance, des images qui m’ont marquée à jamais.

Malheureusement le Jean Vigo n’existe plus aujourd’hui. Nous avons désormais la VOD qui rend des milliers de films instantanément accessibles à tous, mais c’est comme internet, l’absence d’éditorialisation, de médiation ou la profusion de films peut décourager. Et je ne suis pas sûre que La Collectionneuse ou Salo auraient suscité chez moi la même émotion sur un petit écran LCD…

Le cinéma est donc très vite devenu essentiel… Il y a ce slogan des Galeries Lafayette qui me fait sourire à chaque fois que je le lis sur une affiche : « vivre plus fort ». C’est un peu ça ! Accéder à une forme de transcendance. J’avais besoin de mettre mon énergie au service de quelque chose de plus grand que moi, qui honorait en quelque sorte notre humanité.

Quels cours vous ont laissé les meilleurs souvenirs ?

Le séminaire sur le scénario de Julien Sibony et celui sur la production indépendante de Jérôme Dopffer.

Qu’avez-vous fait après le master ? Comment devient-on productrice chez mk2 ?

Je ne suis pas productrice chez mk2.  J’assiste Charles Gillibert, producteur, sur tous les aspects de la production (artistiques, techniques, financiers et administratifs) mais ce n’est pas moi qui décide quels auteurs nous produisons, je n’assume pas de risque financier, etc.

J’avais contacté Charles la première fois fin 2007, donc avant le Mastère. Il m’avait reçue pour faire connaissance, sans avoir rien de particulier à me proposer. Forte de cette première entrevue, je l’ai recontacté régulièrement ensuite, après mon stage chez Studiocanal, puis lorsque je terminais un CDD chez 3B. J’ai fini par le rejoindre à la faveur d’une réorganisation de la production chez mk2 en mai dernier.

Il se trouve que Charles vient de quitter mk2 pour créer une nouvelle société et je le suis dans cette aventure.

Quels réalisateurs rêvez-vous secrètement de produire ?

J’ai déjà eu la chance de travailler pour des metteurs en scène pour lesquels j’ai beaucoup d’estime : Bruno Dumont ou Xavier Dolan.

J’attends avec impatience les prochains films de réalisateurs comme Bertrand Bonello, Céline Sciamma, Sophie Letourneur, Guillaume Brac, ou Mikhaël Hers par exemple.

Et peut-être que je rêverais secrètement de produire un film sur les années 2000 à la manière d’Un Monde sans Pitié sur les années 80 : le film d’une génération désenchantée, qui attend qu’un grand événement fédérateur advienne pour fonder un nouveau projet de société…

Un conseil pour les étudiants du MS Médias ?

Je ne sais pas s’il existe un conseil universel qui vaille en tout temps et pour tout le monde. Pour ceux qui s’intéressent à la production, il est évident que le fait d’être « animé » par un désir de cinéma (plutôt que de parler de « passion », un mot un peu galvaudé qui peut vouloir tout et rien dire) est absolument nécessaire pour trouver le souffle et surmonter les difficultés inhérentes à ce métier.

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